La mémoire du corps

Depuis notre naissance, les expériences de vies, pas seulement les nôtres d’ailleurs, s’inscrivent au plus profond de nous-mêmes. Ce sont elles qui en positif ou négatif, nous font réagir d’une certaine manière, développer un certain tempérament ou des moyens de défenses. Notre façon d’avancer dans la vie est inhérente à la fois à de l’inné, inscrit en nous comme pour tout animal, à laquelle se rajoute l’éducation, les expériences de vies, les épreuves etc. On pense souvent à tort, qu’il y a une sorte de fatalité à être tel que nous sommes, ou pire, que si les choses se passent mal dans notre vie c’est à cause d’éléments qu’on a pas su maîtriser. On s’auto-flagelle en se disant que tout est de notre faute, qu’on n’arrive pas à changer, ou au contraire, pour ne pas faire face au constat de nos failles, trop douloureux, on se dit que la faute est imputable à tous ceux qui nous ont entourés jusqu’à présent. Oui mais… ce n’est pas si simple, car depuis notre naissance, et même avant d’ailleurs, dans l’image de nous qu’ont investis nos parents, dans leurs propres expériences, les souvenirs et ressentis s’ancrent profondément dans notre corps sans que nous en ayons conscience. Notre corps a une mémoire.

 

Les schémas répétitifs

Ceux-ci ont très souvent été abordés sous le prisme de la psychologie, essayer de comprendre comment les choses se mettent en place en nous et comment nous nous confrontons souvent à des situations similaires au cours de notre vie. Il est très intéressant de se poser la question mais en parallèle, il est nécessaire de mettre le doigt sur des fonctionnements qui nous pourrissent la vie, nos relations etc. Par exemple quelqu’un de timide, mal dans sa peau qui a du mal à entretenir des relations épanouissantes, pourra essayer de trouver ce qui peut faire d’elle cette personne avec ce tempérament. Mais qu’elle part lui appartient vraiment ? Depuis un certain nombre d’années maintenant, on s’est aperçu qu’au- delà des schémas psychologiques que chacun met en place, il existe aussi des schémas profondément ancrés en nous, et dans notre corps, et donc que nous ne pouvons pas maîtriser. Dans une certaine mesure cela permet de déculpabiliser.

Il y a parfois des évènements semblables qui se reproduisent à des moments charnières de notre vie et nous replongent systématiquement dans les mêmes problématiques qui nous font souffrir : « Je tombe toujours sur des hommes violents », « je n’arrive jamais à occuper un poste de façon durable » etc.

Les schémas répétitifs sont comme une petite tâche de naissance qui est là sans qu’on y prête attention, on la masque parfois, mais elle est là. Ça n’aurait pas d’importance si à un moment donné, on n’avait pas l’impression qu’au fur et à mesure du temps elle prenait de l’ampleur dans notre vie, nous empêchant de vivre en harmonie avec nous-mêmes en nous connectant à nos besoins et envies réels car progressivement on lui donne une telle place qu’on s’imagine que nous, c’est juste elle. Les schémas nous empêchent d’agir, insidieusement, car on se réfère en permanence à une petite chose qui semble nous représenter, avec laquelle il faut vivre. Et lorsqu’on veut s’en défaire, elle se rappelle à nous, elle est là. Elle est insignifiante, mais sa simple présence nous fait un écho envahissant, disproportionné avec lequel on ne sait plus agir.

A la base, une répétition n’est pas en soi négative dans la mesure où elle représente aussi une protection. C’est finalement un réflexe animal de se tourner vers quelque chose de connu. L’effet paradoxal et délétère c’est la souffrance acceptée que parfois cela entraîne. Mieux vaut être malheureux dans un contexte connu que prendre le risque du changement. On a tous été confronté à cela. Le problème c’est qu’on s’enferme souvent nous-mêmes dans cette prison, nous coupant de notre vrai moi, ainsi que des opportunités qu’offrent le monde. C’est souvent l’escalade jusqu’à l’explosion, se traduisant par différents symptômes physiques comme psychiques, cet « outil » a ses limites. On pourrait s’imaginer comme un boulet avec lequel on serait né directement, avec lequel on aurait appris à vivre, qui fait partie de nous, jusqu’au jour où on n’arrive plus à avancer avec, que ce poids nous empêche d’avancer, que chaque pression nous blesse un peu plus nous empêchant de l’ignorer. Mais les symptômes sont souvent révélateurs d’un mal plus profond dont on peut tenter de trouver les causes et surtout de quelle manière ça s’est inscrit, même dans le corps. Comprendre c’est déconstruire pour pouvoir reconstruire.

Mais que ce passe-t-il réellement ?

L’ancrage dans le corps

Il est reconnu depuis longtemps maintenant, que l’esprit a un impact sur le corps très important et inversement mais on n’imaginait peut-être pas à quel point. Par exemple, il est avéré que certaines situations entraînent un enchaînement de réactions physiologiques et chimiques impactant l’ensemble d’un système. On le voit par exemple lorsqu’on s’intéresse aux effets du stress.

Les techniques orientales ont depuis la nuit des temps compris à quel point l’harmonie entre le corps et l’esprit étaient primordiale, l’occident y est venu beaucoup plus tard mais qu’importe, il existe des outils comme la sophrologie qui permettent cette harmonisation.

Une étude menée à l’université d’Atlanta travaillant sur l’épigénétique a montré que les souvenirs pouvaient même s’inscrire dans l’ADN et qu’en conséquence, nous pouvions à terme agir en fonction d’une expérience de vie qui est celle de nos ancêtres et pas la nôtre directement. (https://www.science-et-vie.com/archives/adn-il-transmet-aussi-nos-souvenirs-28690)

Mais avant cela, d’autres études ont montré également l’impact physique, l’ancrage dans le corps, notamment d’expériences traumatiques, qui pouvait impacter de façon importante notre quotidien, et revenir en écho inlassablement.

 

L’écho d’une histoire

Concrètement, voici un exemple qui montre à quel point quelque chose d’ancré profondément dans le corps peut avoir une résonnance sur le reste de la vie, y compris quand « l’évènement » d’origine ne concerne pas directement la personne.

« Adeline, 34 ans, en couple, est très heureuse globalement et épanouie dans sa vie a un problème majeur : elle ne parvient pas à avoir d’enfant. Plus précisément, elle est a été enceinte 3 fois, elle a fait 3 fausses couches a quasiment la même date d’aménorrhée, soit juste avant les 3 mois que les couples attendent souvent pour annoncer la nouvelle. C’est un drame à chaque fois, la première fois fût encore plus horrible, le couple avait investi cet enfant à venir, et aussi pénible à dire que ce soit, les 2 autres fois, ils attendaient juste de pouvoir passer ce cap à la fois pleins d’espoir et de retenue. Précisons que les différents examens médicaux ne révélèrent aucune anomalie qui pourrait expliquer ce phénomène, ce qui est encore plus dramatique aux yeux d’Adeline qui forcément se remet en cause sur quelque chose qu’elle ne maîtrise pas et perd toute confiance en elle. Intuitivement, elle se dit que son corps « rejette » cet enfant pourtant tant désiré, elle veut comprendre. Elle se rapproche d’une psychologue qui lui propose d’explorer sa vie familiale en se basant sur la psycho-généalogie. Elle va apprendre auprès de Mireille, sa mère, (elle ne lui avait jamais raconté) que celle-ci, avant elle, avait été enceinte mais le moment n’était pas opportun. Elle avait un instant souhaité « que sa grossesse s’interrompe ». Elle était partagée entre le bonheur de cette annonce et ce moment qui était compliqué financièrement, mais n’aurait jamais fait le choix d’interrompre elle-même cette grossesse. Malheureusement, juste avant les 3 mois du fœtus, elle fit une fausse- couche… Persuadée que c’était de sa faute parce qu’elle l’avait un instant souhaité. Lorsque Mireille est de nouveau enceinte, d’Adeline, elle est encore dans une culpabilité extrême de sa première grossesse et s’imagine que son corps va rejeter cet enfant, comme une « punition ». Juste avant les 3 mois, elle est hospitalisée pour d’importants saignements, elle souhaite de toutes ses forces ne pas revivre ce drame. Finalement le fœtus survit. Evidemment il n’y a rien de magique, tout n’est pas explicable par les pouvoirs de la pensée, et la médecine a sauvé cette petite fille. Néanmoins ceci questionne.

Selon la psychologue, il y a quelque chose qui s’est joué dans la vie de sa mère qui s’est inscrit aussi dans le corps d’Adeline durant ce début de grossesse. Forte de cette nouvelle information, Adeline dans un premier temps déculpabilise et se rapproche d’un hypno thérapeute qui travaille aussi la mémoire du corps. Elle a eu ensuite plus tard 2 grossesses menées à leur terme. »

Loin de moi l’idée de raconter une histoire « compte de Noel » ou tout fini bien pour argumenter le fait que si on règle tous les problèmes ancrés depuis des générations, tout se passera forcément bien dans notre vie. De plus, cela pourrait être très culpabilisant pour chacun d’entre nous de savoir tout ce qu’on transmet inconsciemment pour le plus grand malheur de nos descendants !

Non, l’idée est de poser un regard sur l’importance d’écouter notre corps, ce qu’il dit en nous, et de nous, pour être un point départ pour avancer plus sereinement.

A l’image de Myriam BROUSSE, (« Votre corps a une mémoire » Myriam BROUSSE, partir sur la trace des souvenirs profonds que l’esprit a oubliés. Ed. Poche Marabout) des thérapeutes accompagnent dans le processus de compréhension de cette mémoire du corps.

Pour finir

Des techniques comme la sophrologie permettent d’agir sur l’harmonisation du corps et de l’esprit en étant l’écoute de ses ressentis. Elle permet de se libérer de maux ancrés dans le corps et l’esprit par l’ancrage de positif. On peut agir en substituant des sensations négatives par des sensations positives par exemple, et en prenant conscience des capacités qu’on peut développer en se délestant du poids des maux.

« Prenez soin de votre corps, c’est le seul endroit dans lequel vous êtes obligés de vivre » Jim ROHN

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